Escavalgadou (Grotte de l') [E 01] [E 02] [E 1] [E 2]

Citou (Aude - FR - France)
43.354585,2.533842
Length 410m Depth 46m
Grottocenter / carte

Location

La clé de l'accès se trouve être le point coté 481 sur la carte IGN au 1/25 000. Pour l'atteindre, il faut partie du Trou du Grillage et se diriger vers l'Ouest à travers les taillis ; on trouve ensuite une vague sente qui conduit à ce point culminant de la crête, marqué par un vague cairn. De là, il suffit de descendre plein Ouest la forte pente qui domine la vallée. Lorsque les pins font place au maquis, on aperçoit en contrebas un amas rocheux vers lequel on se dirige en suivant un vague talweg caillouteux. Cette ravine descend jusqu'au sommet d'une petite paroi infranchissable ; il faut alors partir (gros bloc instable), descendre un petit ressaut, continuer en longeant les rochers vers le nord et on arrive de suite au porche de l'entrée principale, marqué E1. L'entrée inférieure (E2) se trouve 10 mètres plus bas dans la pente, elle s'ouvre au ras du sol. Cds 11 - 01/09/2013

Description

Description détaillée (suite et fin)

Cds 11 - 01/09/2013

Dans le coin N-W, s'ouvre un conduit caillouteux en forte pente puis horizontal qui rejoint un carrefour important. Une grosse coulée de cailloutis de gélifraction provient de la galerie de gauche et a envahi un bonne partie de ce secteur. Le conduit est de belle facture et en forte pente ; au bout d'une quinzaine de mètres, le sol (coulée de calcite) rejoint presque la voûte et c'est un passage étroit et ébouleux qu'il faut emprunter pour ressortir par l'entrée inférieure (E2). Une autre galerie part sur la gauche, en contrebas ; elle est colmatée au bout de 20 mètres (-25) et présente plusieurs diverticules. Si on suit la pente de cailloutis vers la droite, à partie du carrefour, on arrive dans une salle (-25) grossièrement triangulaire. Vers le Nord, elle se prolonge par deux conduits ébouleux remontants dont l'un (celui de droite) rejoint difficilement le premier étage de galeries. Le fin éboulis forme un entonnoir et se déverse dans un passage descendant coupé de petites marches puis on débouche au-dessus d'un vide un peu plus important à -30. De là, en hauteur, plusieurs arrivées se remontent jusqu'à -26 (E4), -23 et -17 (E10). En-dessous, un ressaut de 4 mètres peut se descendre en escalade même si ça paraît craignos. On prend pied dans une partie très ébouleuse, diverticules sur la gauche. Tout droit, passage sur ou sous de gros blocs et arrivée dans la salle terminale, très tourmentée et ébouleuse. Une partie du courant d'air de la cavité provient du fond (-42m) mais des travaux sont difficilement envisageables. Au-dessus du fond, à -35m, départ de fissure en hauteur. Voilà décrites assez précisément les principales galeries d'une cavité assez complexe mais qui mérite une visite avec ses 410 mètres de développement.

Géologie

BTH - 08/03/2025

Stratigraphie : Ces cavités se situent dans les nappes hercyniennes du Minervois Central dans des terrains similaires du ? D'après la carte géologique au 1/50 000 Lézignan Corbières et nos observations, les autres cavités sont toutes creusées dans les dolomies à oncolites et stromatolites du Cambrien inférieur, notées k2c sur la carte. Les oncolites sont des concrétions calcaires sphériques formées de couches concentriques autour d'un débris, un peu comme les perles des cavernes, de quelques centimètres de diamètres maximum, les stromatolmites résultent du même procédé mais ont un aspect souvent mamelonné (voir illustration). Ces formations totalisent jusqu'à 300 mètres d'épaisseur dans le secteur et on y distingue deux faciès, des dolomies noires massives (Escavalgadou, Aven perdu) et des dolomies grises stratifiées, en bancs décimétriques, souvent laminées, à grain fin, visibles dans le Trou de l'Abreuvoir. Une particularité est à signaler dans la Grotte de l'Escavalgadou au fond de la Galerie Est. Au-dessus du point coté -32, dans la paroi Est, un bloc de roche verdâtre surgit de la roche encaissante, sa présence est vraiment surprenante. Un échantillon a été ressorti, il s'agit d'une roche détritique argileuse à grain très fin (appelée pélite), de couleur vert clair à ocre ; elle ne contient pas de carbonates. Les roches de ce secteur étant très variées et la cavité se trouvant à proximité d'une importante faille décrochante, cette roche peut avoir diverses origines. La description détaillée de la notice de la carte géologique donne plusieurs piste. Si l'on exclut les grès de Marcory qui se trouvent au fond de la vallée de l'Argent-Double et qui semblent vraiment trop éloignés du site, il nous reste, hypothèse la plus plausible comme explication, la présence d'un lambeau de la limite des calcaires dolomitiques à archéocyathes qui sont cachetés, dans cette partie du Minervois, par un mince horizon gréso-pélitique. Ce serait donc une limite stratigraphique, mais l'isolement du bloc laisse planer un doute. On peut aussi penser aux pélites quartzophylliteuses vert clair à patine beige qui marquent la base du k2d1, appelé schisto-dolomitique et qui auraient été déplacées par la faille. Voilà en tout cas un point supplémentaire à élucider. Tectonique : Notre but n'est pas de rentrer dans des détails compliqués ; les amateurs avertis pourront se plonger avec délice dans la lecture de la notice de la carte géologique, quand à l'histoire géologique très complexe de ce secteur en particulier et de la Montagne Noire en général, mais plutôt d'insister sur un point important : le décrochement de Rieussec. De direction méridienne, ce décrochement sénestre affecte tout le Nord-Minervois et le Minervois Central sur près de 5 km de longueur, avec un déplacement allant jusqu'à 600 mètres à Rieussec. Il va sans dire que cette faille très ancienne, puisqu'elle date du Dévonien, a affecté de façon significative la karstification de ce coin de la Montagne-Noire. Les preuves abondent : sur le plan hydrologique, les pertes de Rieussec et indirectement celles de Citou ainsi que l'exsurgence de Las Doux se situent sur ou à proximité de cette faille ; sur le plan karstologique, les cavités sont nombreuses dans ses parages et portent souvent les marques d'une tectonique très active : galeries parallèles en diaclases, éboulements, trémies. en ce qui concerne le secteur de l'Escavalgadou, la carte géologique place la faille au niveau de la grotte de l'Escavalgadou ; la topographie difficile et nos relevés de terrain n'ont pas permis de la repérer distinctement à ce niveau ; nous pensons qu'elle se situe légèrement plus à l'ouest, après l'Aven Perdu et la cavité E4. Par contre, les cavités comme le suggèrent les topographies et le plan d'ensemble, portent les stigmates de la fracture et des fracturations associées qui l'accompagnent. Actuellement, cette tectonique puissante est un frein à la pénétration humaine de cet ensemble spéléologique.

Description détaillée (début)

Cds 11 - 01/09/2013

Elle est accessible par deux entrées mais on trouvera plus facilement le petit porche de l'entrée principale (E1) qui constitue un havre appréciable par mauvais temps ; c'est ce que devaient rechercher nos lointains devanciers. On emprunte ensuite un couloir rectiligne surmonté de deux cheminées dont une remonte à + 4m, point haut de la cavité. Un peu plus loin, trois possibilités : - tout droit, dans la paroi, une lucarne donne dans une cheminée concrétionnée de 5 mètres ; - à droite boyau bas et caillouteux qui rejoint le haut de la Salle Louis Ribot, il n'est topographié que jusqu'à -5 ; - la suite principale est à gauche au ras du sol par une boîte à lettres suivie de deux ressauts de 2 et 3 mètres le long de vieilles concrétions ; ils se franchissent facilement en libre. On prend pied sur un palier ébouleux, un ressaut entre les blocs rejoint la galerie inférieure mais il vaut mieux descendre par un R4 plus spacieux, à l'opposé, et c'est le passage le plus évident. On aboutit dans la même galerie, étage principal de la cavité. Vers le Nord, elle se poursuit par une galerie agréable, petit diverticule à gauche, puis pont rocheux (-15) avec élargissement concrétionné sur la gauche et départ de grand laminoir remontant sur la droite. On passe sous les blocs, le plafond s'abaisse, sur la droite, un conduit descendant bas et malcommode rejoint la salle de -25 ; plus loin la galerie se rétrécit puis remonte et il faut franchir un passage étroit d'abord verticale puis ébouleux (-15). On débouche dans la Galerie Est. Le conduit est plutôt bas, petite salle en contrebas sur la gauche, il se poursuit par une galerie concrétionnée et arrive sur des blocs. Là , il faut descendre et s'insinuer dans un passage étroit qui rejoint une grande 'diaclase' perpendiculaire. Bien que faisant 8/10 mètres de haut, elle n'est pas de parcours aisé car elle n'est pas très large et elle est inclinée. Après un coude, elle semble s'achever à - 20m. La suite est en hauteur à 5-6 mètres du fond ; un court départ en laminoir horizontal donne sur une descente resserrée, puis on se glisse dans une diaclase verticale concrétionnée. On prend pied six mètres plus bas dans un conduit rectiligne ébouleux et descendant, court amont vers la droite (Ouest). Blocs sur la paroi gauche, vieilles aragonites côté droit. On franchit ensuite un gros blocs vertical pour arriver dans un élargissement chaotique. Vers la gauche (Est), plusieurs passages entre des blocs donnent sur des poches entre des gros blocs. Sur le côté de l'une d'elles, on remarque un curieux bloc délité de grès ou de pélites (voir géologie), point bas à -32.5m. Tout droit, deux conduits en pleine roche partent vers le sud et s'arrêtent sur des pincements. Le plus long, celui de droite, finit, après quelques étroitures sur un goulet à -32.5m. Le courant d'air est souvent très sensible à cet endroit et il y a certainement là un motif de désobstruction intéressant. Revenons au bas du R4, sous l'entrée, pour emprunter la galerie vers le Sud. Après un coude, on arrive sur une bifurcation, à gauche, arrivée de trémie (-9), certainement en relation avec la galerie d'entrée ; un peu avant sur la droite, un passage entre des blocs amène sur une petite terrasse concrétionnée dominant la salle Louis Ribot. Celle-ci s'atteint plus facilement en prenant un des deux boyaux qui s'ouvrent dans l'élargissement précédent. Ils débouchent rapidement sur une vire en haut de la salle. On peut facilement en atteindre le fond en suivant sur la gauche le haut de grosses dalles décollées. Au pied d'une des dalles on remarque le départ d'un petit puits borgne. La salle Louis Bibot est spacieuse (15 x 10 x 12m), au sol agrémenté de quelques blocs ; le fond (-20m) est concrétionné. Dans le coin nord-ouest s'ouvre un conduit caillou­teux en forte pente puis horizontal qui rejoint un carrefour important. Une grosse coulée de cailloutis de gélifrac­tion provient de la galerie de gauche et a envahi une bonne partie de ce secteur. Le conduit est de belle fac­ture et en forte pente; au bout d'une quinzaine de mètres, le sol (coulée de calcite) rejoint presque la voûte et c'est un passage étroit et ébouleux qu'il faut emprunter pour ressortir par l'entrée inférieure (E 2). Une autre ga­lerie part sur la gauche, en contre­bas, elle est colmatée au bout de 20m (-25) et présente plusieurs di­verticules. Si on suit la pente de cailloutis vers la droite, à partir du carrefour, on arrive dans une salle (-25) grossièrement triangulaire. Vers le nord, elle se prolonge par deux conduits ébouleux remontants dont l'un (celui de droite) rejoint difficile­ment le premier étage de galeries. Le fin éboulis forme un entonnoir et se déverse dans un passage descendant coupé de petites marches puis on dé­bouche au-dessus d'un «vide» un peu plus important à -30. De là, en hau­teur, plusieurs arrivées se remontent jusqu'à -26 (e 4), -23 et -17 (e 10). En dessous, un ressaut de 4m peut se des­cendre en escalade même si ça paraît craignos. On prend pied dans une partie très ébouleuse, diverticules sur la gauche. Tout droit, passage sur ou sous de gros blocs et arrivée dans la salle terminale, très tourmentée et ébouleuse. Une partie du courant d'air de la cavité provient du fond (-42m) mais des travaux sont difficilement envisageables. Au-dessus du fond, à -35m, départ de fissure en hauteur. Voilà décrites assez précisément les principales galeries d'une cavité assez complexe mais qui mérite une visite avec ses 41 0m de développe­ment.

Documents

Escavalgadou plan 04/05/2014
Escavalgadou coupe 04/05/2014
[Fiche] Escavalgadou page 1 08/01/2019
[Fiche] Escavalgadou page 2 08/01/2019
[Fiche] Escavalgadou page 3 08/01/2019
Bibliography 01/09/2013
  • MORONI M. 1962 - Les grottes de Caunes et ses environs. Fascicules 20p, pp9-10. - PERRIERES G. 1898 - La Grotte de l'Escavalgadou. bulletin SESA. - SICARD G. 1900 - L'Aude Préhistorique. pp 7-11, 30, 63, 96.

History

Fréquenté depuis la préhistoire (voir rubrique archéologie), ce terroir a connu une longue occupation hu­maine. Sur le plan spéléologique, il faut signaler le toujours incontourna­ble Germain Sicard qui, vers la fin du siècle dernier, cite la Grotte de l'Es­cavalgadou et semble en avoir exploré le porche d'entrée et les premières galeries. Il la fait visiter en 1898 à des membres de la Société d'Etudes Scientifiques de l'Aude. Il y trouve de nombreux vestiges préhistoriques dont la description reste très vague. Le porche d'entrée a longtemps servi d'abri à des ber­gers, quelques traces d'aménagement subsis­tent: murette au fond du porche pour condamner l'accès à la partie pro­fonde, entrées bou­chées volontairement (E2 et petit trou au-des­sus du porche dans la barre). Quelques incur­sions dans le premier étage de galeries sont probables comme l'at­testent des signatures au crayon du début du siè­cle. Plus près de nous, Louis Ribot, de Rieus­sec, certainement le premier amateur à avoir pressenti le potentiel spéléologique de cette région, visite la cavité et décou­vre la salle que nous avons baptisée de son nom. Accompagné de deux ca­marades, ils laissent une trace de leur passage: une signature au noir de fu­mée, datée et portant la mention « J. Ayerbe Jean), L. Lapeyre (Lucien), L. Ribot (Louis). 4-8-1946 - Visité». Dans les années 50-60, Marcel Moroni, de Caunes, alors membre du Spéléo Club de l'Aude, s'intéresse lui aussi à cette cavité. Sa première in­cursion date du 14 octobre 1950. Il ne découvre rien de plus mis à part quelques vestiges préhistoriques mais suppose l'existence d'une deuxième entrée, ce qui sera vérifié bien plus tard. Dans un petit fascicule publié en 1962, il en donne une description as­sez originale dont voici deux extraits: « une ouverture de quelques centi­mètres dans une concrétion verticale communique avec le sol et permet­tait un jeu de passe boules.»; puis« ... une autre concrétion curieuse au bas de la paroi stalagmitique, une jambe de danseuse s'échappant du tutu.». Ces singuliers détails n'existent plus. C'est à partir de 1973 qu'une jeune équipe du SCA comprenant Alain Faure, Patrick Géa, Denis Gracia et d'autres, explorent sérieusement les cavités des alentours de Caunes-Mi­nervois et s'intéressent à l'Escavalga­dou qu'ils visitent avec plus de soin que leurs prédécesseurs. Alain Faure lève une topographie assez complète en 1976. La deuxième entrée est désobstruée les 20 octobre et 1 er novembre 1985; le 3 novembre ce sont les escalades du fond qui sont remontées. Le 19 avril 1986, ils ouvrent un étroit pas­sage dans la galerie d'entrée, en face du départ du R 2, dans lequel ils pro­gressent d'une quinzaine de mètres pour arriver, semble-t-il, en haut de la Salle Louis Ribot; ce passage étant très étroit et s'étant sans doute plus ou moins rebouché depuis, il ne figure pas sur la topographie; il se situe dans le prolongement du point coté -5 sur le plan. En décembre 1988, souvent en solitaire, D. Mas prolonge la gale­rie Est et atteint le fond (-32,5m) avec A. Capdeville et H. Guilhem le 31 dé­cembre 1988. Tous ces travaux aug­mentent le développement de la ca­vité d'environ 200m. C'est en 1994 que le SCM reprend ce secteur. Les recherches s'intensifient en 1997 avec la topo de l'Es­cavalgadou, de l'Aven Perdu et des autres petites cavités, essentiellement avec Alain Michel, José Ferris, Stéphane Trinquier, Marie Guérard et la famille Puliga. Enfin, tout ré­cemment, nous avons entrepris la désobs­truction des trous de l'Abreuvoir et du Grillage avec la parti­cipation de Daniel Mas (ex-SCA) et de Daniel Constans (SCA). Souhaitons d'avoir plus de chance que nos prédécesseurs. Stochus - 23/09/2025

Caves nearby

Distance (km)NameLength (m)Depth (m)
0.0Perdu (Aven)8016
0.0E 03 [E 3]20
0.1E 04 [E 4]52
0.2Grillage (Trou du) [E 06] [E 6]157
0.2Abreuvoir (Trou de l') [E7] [Grotte des Forestiers]20035
0.2Forestiers (Grotte des)307
0.4Doux (Grotte de la)20038
0.4Laidoux (Source de la)20038
0.5Roc de Roussu