Arbois (Siphon d')

Saint-Julien-en-Vercors (Drôme - FR - France)
45.074424,5.452022
Longueur 56182m Profondeur 581m
Grottocenter / carte

Location

La cavité se trouve dans les gorges de la Bourne en amont de la bifurcation qui conduit aux grottes de Choranche. Le porche en falaise est visible depuis la D531. Elle est pointée sur la carte IGN, mais ce pointage semble légèrement faux. Il donne malgré tout une bonne idée de la localisation du trou. Cette résurgence de type vauclusien est une des plus importantes situées en rive gauche de la Bourne. Elle coule rarement, mais en crue elle peut dépasser le 10 mètres cubes par seconde. Certaines publications la donnent jusqu’à 30 mètres cubes par seconde ! La cavité se trouve en falaise, en contre-bas de l'ex-route nationale et sur la rive opposée de la Bourne. Il est apparu, en 1998, que le plus simple moyen d’acheminer beaucoup de matériels était de construire un téléphérique. C’est ce qui avait été réalisé à l’époque et qui a permis les dernières pointes de J.-L. Camus. Nous avons repris la même idée de base, ce qui nous a valu de nombreuses séances pour la remise en état et l’amélioration du-dit téléphérique. Heureusement, le câble mis en place par nos prédécesseurs a bien supporté toutes ces années d’inactivité et a pu être réutilisé. Un système de mâts démontables a été mis au point pour laisser en paix le pylône EDF, qui aurait pu faire un amarrage tout désigné ! Une poubelle, judicieusement découpée, fait office de bac de transport et un treuil thermique relooké nous évite une grosse fatigue lors de la remontée des charges. Le grand luxe quoi, un peu lourd en logistique, mais bon… ! Cela permet à de nombreux plongeurs de tremper leurs palmes dans ce siphon difficile d’accès. Cela se finit sur cordes ! Le téléphérique n’étant « homologué » que pour le transport du matériel, les plongeurs marchent jusqu’à l’entrée de la cavité. Un chemin faiblement tracé au départ devient spacieux avant de plonger rapidement en direction de la Bourne. Pour la suite, il faut remonter la Bourne sur 200 mètres environ jusqu’à un amas de gros blocs situés à l’aplomb de la cavité. Une dernière difficulté barre l’accès au porche : une petite falaise d’une trentaine de mètres de haut. Elle a été équipée de cordes ce qui permet à certains d’entre nous d’effectuer quelques révisions, voire même apprentissages, concernant le maniement des agrès lors de la remontée sur cordes. Source : * Jean-Claude Pinna, « Siphon d’Arbois Projet CNPS 2009 », Scialet : bulletin du CDS de l’Isère, Grenoble, Comité départemental de spéléologie de l’Isère, no 38, 2009, p. 27 : cds38.org/wp/wp-content/uploads/2022/05/scialet-38… BTH - 10/02/2026

Description

La galerie du Renouveau (Récit d’exploration par Baptiste Béneditini)

BTH - 10/02/2026

Je me mets à l’eau avec Laurent, il doit faire un stop à 6 mètres pour tester ses cellules et changer de diluant. Je pars donc en premier, je me rends vite compte que je suis beaucoup trop lourd... je me dis que ça me permettra de bien gonfler le volume pour les paliers dans cette eau froide. À -20 m je laisse une 7 l de 40 %, 2 kg de plomb et une batterie de chauffage ; je retrouve donc une flottabilité à peu près normale. Arrivé à -30 m on voit la bouteille de 40% de Babar déposée par Isa. Après un check de la pression, on continue. On arrive très vite à l’étiquette 125 m. Je raboute le fil puis je me dirige vers la paroi de droite. Après 5-7 m de fil on y arrive, là commence donc la recherche du passage qui partirait au 180. Après 30 mètres de fil déroulés, je retombe sur le fil principal ! Il n y a donc pas de passage à cet endroit là. Je fais demi-tour pour rejoindre Babar qui était en train de faire la topo. Après un bref échange, grâce à l’ardoise topo on décide d’aller voir vers le point bas à -50 m. On continue donc à tirer du fil tout en se baladant dans cette grande galerie ; heureusement que Babar avait pris son HID déporté ce qui nous permettait de voir bien plus loin que mes petites lampes. On retrouve le fil qui part vers la gauche au niveau d’un petit rétrécissement ; on continue vers la droite et là on se retrouve dans une galerie de la taille de la galerie principale qui descend en pente douce. On s’arrête à moins 60 m ; la galerie continue en pente douce, environ 20 ° et part plein est. Après avoir accroché le fil sur un becquet, on repart en topotant. On retrouve le fil principal à 155 mètres de l’entrée, on raccroche le fil à cet endroit en passant au suivant. Puis on remonte rapidement jusqu’au palier. L’Aladin de Babar indique 25 min à 9 m... Heureusement on est en CCR et le VR3 nous indique un TTS de 56 minutes. Donc mission accomplie, on a trouvé la suite mais malheureusement elle ne part pas au nord en direction de Bournillon mais s’enfonce plus profond. Maintenant il ne reste plus qu’à savoir à quelle profondeur se situe le point bas. Un grand merci à JC pour l’organisation de ce projet et à tous les porteurs sans qui cette aventure n’est pas possible. Source : * Jean-Claude Pinna, « Siphon d’Arbois Projet CNPS 2009 », Scialet : bulletin du CDS de l’Isère, Grenoble, Comité départemental de spéléologie de l’Isère, no 38, 2009, p. 31 : cds38.org/wp/wp-content/uploads/2022/05/scialet-38…

La branche Jean-Louis Camus (Récit d’exploration par Xavier Méniscus)

BTH - 10/02/2026

Dans la vasque, une fois équipé, JC ne l’étant pas encore, je décide d’aller déposer les relais Oxy à –6 m, le temps que nous soyons tous les 2 prêts. J’en profite pour reconnaître les lieux, y plongeant pour la première fois. Effectivement, la visibilité n’est pas terrible, comme m’avaient prévenu mes coéquipiers. Une fois revenu en surface, JC a terminé de s’équiper, nous pouvons attaquer notre plongée. JC passe devant, connaissant les lieux ; j’en profite pour m’écarter derrière lui pour longer la paroi de droite qui disparaît de la portée de mes phares en arrivant vers –40 m. Au même moment, virage sur la gauche, pour rentrer dans une conduite beaucoup plus intime. Passage du premier point bas, à –54 m et on remonte… Arrivé au point haut, peu après la fin du rééquipement d’Olivier et Laurent de la veille, je me retourne pour ne plus voir JC avec moi. Je reviens sur mes palmes, pour le voir batailler avec l’hélice de son propulseur qui émet un bruit plutôt anormal. Je pense aussitôt à un bris de l’embrayage, problème grave déjà rencontré avec JC à Thaïs. Ce n’est heureusement qu’un problème de fil pris dans l’hélice. Que fait-on ? JC, commençant à sortir sa plaquette topo, tout en me faisant signe de partir poursuivre seul le rééquipement, et c’est ce que je fais aussitôt. La descente suivante à partir de –35 m est très basse de plafond, de 80 cm à 1 m de haut maxi. Je racle très souvent les protections de mon dorsal. Ce n’était pas bien grand depuis le premier point bas, mais alors là, c’est vraiment petit. Ce n’est pas normal ! Comment cela se peut-il que ce soit si grand avant d’arriver au premier point bas ? Nous sommes plusieurs à avoir remarqué que nous n’apercevions plus la paroi de droite en descendant. Au retour, j’irai voir cela de plus près… Avant d’arriver au second point bas, à -66 m les dimensions redeviennent légèrement plus confortables. Je poursuis mon rééquipement en remontant tout en suivant le fil de JL Camus, qui n’est plus en très bon état et cassé à plusieurs endroits. -49m et on redescend. J’arrive au troisième point bas, à –57 m, le terminus JL. Il me reste encore un peu de fil sur mon dévidoir, de quoi poursuivre un peu en attaquant la remontée sur une pente de 45 °. À -48 m de profondeur et 20 à 30 mètres plus loin, j’amarre le bout de mon fil sur une grosse pierre, afin de faire demi-tour et d’attaquer la topo. En revenant et tout en recueillant les informations sur ma plaquette, je me demande si je vais croiser JC et surtout où ? J’espère au moins qu’il m’aura laissé un repère sur le fil pour ne pas faire 2 fois la même topo. Plus j’avance, et moins je trouve ce repère. Bon ! Eh bien j’irai le plus loin possible, et effectivement en sortant, on ne pourra que constater qu’une partie de la topo aura été faite 2 fois … Me l’étant promis, arrivé à la fin de la partie étroite, je vais voir de plus près le pourquoi du comment de la chose… Je prends la paroi qui est à ma gauche qui part sur un angle de 90 °, ça continue toujours…. Je reviens sur mes pas, pour retrouver le fil principal et remonter un peu plus haut. Vers -35m je traverse de l’autre côté pour poursuivre en descendant sur la paroi opposée sur une vingtaine de mètres. A -45m après un virage à droite et un bloc rocheux, le trou noir… Y a bien quelque chose. Faut qu’on aille voir ça de plus près une prochaine fois… Demi-tour. Je retrouve un peu plus haut le fil principal afin d’attaquer mes paliers. Mais où est JC ? Arrivé à –9 m, j’aperçois une vague lueur transperçant la touille au-dessus de moi, certainement JC au palier de –6 m. Je tape avec le cul de ma bouteille relais de Nx40% sur un bloc rocheux pour avertir JC de ma présence. Il me répondra de la même façon. Je le retrouve ensuite à –6 m pour effectuer mes paliers sous oxygène ensemble. Source : * Jean-Claude Pinna, « Siphon d’Arbois Projet CNPS 2009 », Scialet : bulletin du CDS de l’Isère, Grenoble, Comité départemental de spéléologie de l’Isère, no 38, 2009, p. 28-31 : cds38.org/wp/wp-content/uploads/2022/05/scialet-38…

Description générale du siphon d’Arbois (Projet CNPS 2009)

Biboc - 31/10/2024

Voir source : * Jean-Claude Pinna, « Siphon d’Arbois Projet CNPS 2009 », Scialet : bulletin du CDS de l’Isère, Grenoble, Comité départemental de spéléologie de l’Isère, no 38, 2009, p. 26- 33 : cds38.org/wp/wp-content/uploads/2022/05/scialet-38…

Du porche d’entrée au départ du siphon.

BTH - 10/02/2026

Une fois en haut des cordes d'accès (cf. supra), on retrouve l’autre extrémité du câble qui rentre dans le porche. La première partie de la galerie s’ouvre dans un joint de strate où le plan de joint est très nettement visible. La suite de la cavité est une vaste galerie descendante en forme globalement de conduite forcée. Les dimensions moyennes sont de 8 mètres de large pour 5 mètres de haut. Un vrai tube ! A 300 mètres de l’entrée, on arrive sur le lac Decombaz, plan d’eau à niveau variable. Il ne nous laissait que quelques dizaines de centimètres de revanche lors de nos premières visites, jusqu’à pouvoir être franchi à pied sec sur sa rive droite lors de nos dernières plongées en septembre. Source : * Jean-Claude Pinna, « Siphon d’Arbois Projet CNPS 2009 », Scialet : bulletin du CDS de l’Isère, Grenoble, Comité départemental de spéléologie de l’Isère, no 38, 2009, pp. 27-28 : cds38.org/wp/wp-content/uploads/2022/05/scialet-38…

Le siphon

BTH - 10/02/2026

Le siphon commence par une galerie qui se repositionne dans l’axe du pendage et qui conserve le volume de l’exondé. Au départ nous survolons une zone de gros blocs puis la galerie plonge rapidement en suivant le pendage. Elle s’élargit rapidement et la paroi de droite disparaît. Le volume à cet endroit devient très grand, plus de 10 mètres par 5 mètres. A la profondeur de -50 m à 155 mètres du départ du siphon, on arrive au carrefour : - sur la gauche part une petite galerie : c’est la branche J.-L. Camus. - légèrement sur la droite la galerie du renouveau, c’est la suite logique de la galerie principale, même taille, même inclinaison. Source : * Jean-Claude Pinna, « Siphon d’Arbois Projet CNPS 2009 », Scialet : bulletin du CDS de l’Isère, Grenoble, Comité départemental de spéléologie de l’Isère, no 38, 2009, p. 28 : cds38.org/wp/wp-content/uploads/2022/05/scialet-38…

Cavités proche

Distance (km)NomLongueur (m)Profondeur (m)
1.1Jardinier (Scialet-faille du)17041
2.2Gaulois (Grotte des)
2.4Moulin Marquis (Grotte de)
2.4Grand Serre (Scialet du)240170
2.4Moulin Marquis (Résurgence de)00
2.5Merveilleuse Inférieure (Grotte) [Tende n°1] [T.1]31861
2.5Cascade (Grotte de la) [Cascade de Moulin-Marquis]121545
2.7Bournillon (Grotte de)7886180
2.8Pra l'Étang (Grotte de) [Pré l'Étang] [Prélétang]30035