Cannac-Airolles (traversée)

Cannac (Trou)

Trassanel (Aude - FR - France)
43.350940,2.455270
Longueur 1900m Profondeur 120m
Grottocenter / carte

Location

Traverser le village de Villeneuve-Minervois et prendre la direction de Cabrespine. A environ 3,9 km de Villeneuve, après de nombreux virages, les gorges s'élargissent enfin et le paysage est dominé à cet endroit par le pic calcaire du Roc d'Agnel. Se ga­rer au niveau d'un petit pont. Il y a à gauche une vigne, et à droite une plantation de cerisiers. Descendre dans le ruisseau à sec que l'on remonte sur 350 mètres. Là le talweg se transforme en petite gor­ge. Juste avant d'arriver à une marmite d'érosion qu'il faudrait escalader, monter sur une dalle déclive, grimper sur une marche, puis suivre une sente assez raide que nous avons ouverte et qui vous mènera à l'entrée du Trou Airolles (cf. fiche n°138114 à grottocenter.org/ui/entrances/138114). Pour rejoindre l'entrée du Cannac, remonter en suivant la crête à travers les "bartas" (massifs de broussailles en occitan). L'entrée, minuscule, se trou­ve juste sur la crête, 10 mètres après la fin des brous­sailles. Stochus - 26/09/2025

Description

Description détaillée

Stochus - 26/09/2025

L'entrée du trou Cannac, qui constitue la partie supérieure du réseau, débute par un ressaut étroit de 3 mètres suivi d'un boyau déclive très poussiéreux remontant ensuite pour déboucher du milieu d'une diaclase nord/sud. A quelques mètres de là, sur la droite se trouve le départ d'un P10 relativement étroit et abrasif à la base duquel s'ouvre une étroiture défendant l'axe du Vestiaire à -18 m. Sur la droite de ce conduit confortable, derrière une lucarne concrétionnée, se présente un P12 fractionné débouchant sur une autre diaclase nord/sud que l'on suit jusqu'au sommet d'un P10 dont la descente permet de prendre pied dans une galerie de 10 mètres de large à - 39m. De là deux directions sont possibles: - vers le nord, on peut remonter un tronçon de galerie bien concrétionné (gours, fistuleuses) et relativement spacieux jusqu'à un carrefour qui marque un changement de direction ; - en face se trouve la base d'une cheminée con­crétionnée de 20 mètres de haut, inclinée dans le sens du pendage ; - vers l'est, une reptation entre un talus de graviers et la paroi permet d'atteindre un petit élargissement suivi d'un autre boyau désobstrué de 4 mètres de long ; - la galerie principale se poursuit vers le nord-ouest avant un nouveau changement brusque vers le sud marquant le début des Grands Canyons ; - sur la droite, un petit ressaut donnant sur une galerie basse de 30 mètres couverte de gours débouche dans une galerie orientée nord-ouest. Cette galerie peut aussi bien s'atteindre par le début des Grands Canyons après avoir franchi un talus terreux et un rideau de fistuleuses sur la droite. Le Grand Canyon est une grande galerie sur diaclase de 20 mètres de haut sur 8 mètres de large comportant d'énormes blocs ainsi qu'une série de puits obligeant à progresser sur une vire concrétionnée. Sur la gauche au niveau de la vire, un boyau incliné débouche sur un système de diaclases labyrinthiques rejoignant la base des puits d'entrée. 50 mètres plus loin, une courte remontée le long d'une coulée de calcite, suivie d'une descente, permet d'arriver au terminus des Grands Canyons à -42 m. En plafond démarrent deux cheminées qui se rejoignent au bout de 9 mètres. En face, une escalade de 4 mètres permet d'atteindre deux boyaux qui jonctionnent en une seule poche. Pour accéder au réseau inférieur, il faut revenir dans la galerie qui reçoit les puits de la zone d'entrée. Celle-ci se dirige vers le sud et présente une partie assez concrétionnée et plus ou moins chaotique, au début de laquelle démarre une cheminée inclinée de 15 mètres. Tout droit, la galerie se resserre et se divise en plusieurs conduites forcées juxtaposées. Un peu avant, sur la droite, un ressaut de 2 mètres amène au sommet du Boyau à la Mas (réseau intermédiaire) situé au fond d'une poche large et basse à -40 m. Parcouru par un courant d'air, ce boyau a été l'objet de gros chantiers de désobstruction sans lesquels la partie inférieure et le trou Airolles n'auraient jamais été découverts. D'une longueur de 71 mètres, ce boyau présente un cheminement en montagnes russes. Au bout de 20 mètres, une chatière en plafond, suivie d'un boyau incliné, débouche à la perpendiculaire d'une galerie pentue. A droite, une courte descente bute sur un remplissage. A gauche, la galerie remonte et débouche dans une petite salle à l'extrémité de laquelle démarre une petite galerie déclive colmatée par un énorme concrétionnement au bout de 23 mètres. Revenons dans le boyau amenant au réseau inférieur ; il se prolonge de 51 mètres et débouche au sommet du P41 par un petit ressaut précédé d'un laminoir de 6 mètres à forte pente à -63 m. Le P 41 est, en fait, une énorme faille inclinée dont le départ assez étroit comporte quelques énormes blocs, suivi d'une belle descente permettant de prendre pied dans le réseau inférieur à -104 m, après quelques fractionnements.

Géologie

Stochus - 26/09/2025

Tout comme la grotte du Cirque, les trous Cannac et Airolles sont creusés dans le calcaire de l'Emsien (Primaire) et font également partie de l'unité de Trassanel. Le niveau sup. du Cannac correspond au niveau III et le niveau inf. au IV, nous sommes sans doute très près de l'actif, c'est-à-dire du niveau V, dans l'aval semi-actif. Une prochaine désobstruetion nous le dira. Il est à noter que l'entrée du trou Airolles se fait au contact d'une lentille de calcschiste, qui apparaît là on ne sait comment. Que ces deux grottes se développent sous une crête, il y a là un mécanisme qui nous échappe, car comment cette crête a-t-elle pu résister à l'érosion avec un tel vide sous-jacent? Cette traversée nous a permis de comprendre l'importance et le mécanisme du cavernement sur les fractures N/S. En effet, la galerie sup. du Cannac fait un U; entre ces deux branches, existe tout un labyrinthe de petits conduits et diaclases rongés par l'eau. La galerie du Grand Canyon est creusée sur une grande diaclase. Celle qui va vers la jonction du trou Airolles a une voûte en plein cintre. Mais dès que l'on descend dans les énormes blocs du sol, on s'aperçoit qu'ils s'agençaient parfaitement et qu'ils sont tous très travaillés par l'eau, percés de toutes parts de petits conduits. On peut donc très bien imaginer qu'à la place de la belle galerie actuelle existait un champ très intense de diaclases élargies en régime noyé qui ont évolué finalement en une structure en éponge, créant ainsi des porte-à-faux considérables. Les points d'attache de cette structure, subissant des contraintes énormes sur lesquelles va agir une néotectonique peut-être très liée à l'appel des flancs qui se rapprochent du fait de l'érosion de surface, vont finir par céder, ce qui donnera à la galerie son nouveau profil d'équilibre. Ce même mécanisme pourrait aboutir un jour à la création d'une vaste salle rassemblant les deux branches en U. C'est ainsi qu'a dû se former la grande salle inférieure, et peut-être aussi l'immense salle déclive de l'aven de Clergue.

Documents

Cannac coupe 26/09/2025
Cannac Plan 26/09/2025
La traversée Cannac/Airolles 26/09/2025

Histoire

Découverte d'un trou souffleur le 30 sep­tembre 1989 sur une crête ; c'est le trou Cannac. Plusieurs séances de dynamitage plus tard, nous arrivons à -50 m dans une belle galerie ( 5 à 10 m de large, 2 à 20 m de haut). Il y a de nombreux diverticules, mais tout semble s'arrêter. Le courant d'air provient d'une trémie, le doute s'installe. Les nombreux trajets que nous faisons pour aller "travailler" sur le trou nous permettent de prospecter idéalement le flanc broussailleux. Nous trouvons une entrée qui souffle autant que cel­le du Cannac aspire et qui s'ouvre 93 mètres plus bas ; c'est le trou Airolles. Vous imaginez le reste : groupe électrogène, perforateurs, nombreux dynamitages. Après un parcours étroit d'une vingtaine de mètres, nous arrivons devant une fissure encore plus étroite. Malheureusement, c'est de là que vient le courant d'air. Tant pis, quand il faut, il faut, on ouvre en descendant 6 mètres de plus. Mais là les gaz stagnent et le courant d'air semble venir du haut, à travers de petites fissures. On abandonne. Après une courte période de bouderie, nous retournons voir la trémie du Cannac. Plusieurs séances musclées seront encore nécessaires pour progresser de près de 80 mètres entre paroi et trémie. Enfin, nous arrivons en haut d'une grande diaclase oblique que nous descendons sur 40 mètres le 28 avril 1990. Nos efforts seront récompensés. Nous parcourons un vaste ensemble de petites et grandes galeries qui semblent graviter autour d'une grande salle. Le courant d'air est retrouvé, il s'engouffre par un petit trou dans une paroi. Le 29 avril 1990, rendez-vous est fixé. A. Capdeville attend dans le trou Airolles pendant qu'une autre équipe dynamite le trou souffleur. Rapidement, la jonction à la voix est faite. Puis, quelques étroitures plus loin, nous avons la joie de voir notre ami. Il se trouve à 3 mètres de nous, dans la fameuse dia­clase d'Airolles que nous avions abandonnée. Le 1er mai 1990, une quinzaine de personnes se retrouvent dans le ruisseau du Remol et 2 équipes se forment. Un groupe descend dans le trou par le Cannac, l'autre tire la ligne électrique dans le trou Ai­rolles. Le matériel est passé à l'aide d'une longue perche, et 3 h plus tard, la jonction est effective. Stochus - 26/09/2025

Autres entrées de ce réseau

Distance (km)Nom
0.2Airolles (Trou)

Cavités proche

Distance (km)NomLongueur (m)Profondeur (m)
0.0R 21102
0.1R 26
0.1R 1031
0.1R 2711
0.1R 1132
0.1Oui-Mais (Grotte du)25345
0.2Aragonites (Trou des)11919
0.2R 3342
0.2Cirque (Grotte du)70539