Mandra (Trauc ou perte de la) [Trou du Renard]
42.911082,2.389827
Location
Prendre la D74 Sougraigne/Fourtou, passer aux Clamencis, passer sur le pont de la Sals et poursuivre sur 500 mètres. Prendre une large piste qui part dans le virage sur la gauche. Cette piste contourne la colline et traverse le ruisseau du Mourillou. Après un double virage, se garer juste avant le ruisseau du Caoussé et chercher une petite sente en rive droite qui part derrière un gros bloc de grès. Cette sente à peine marquée monte raide tout d’abord puis suit le ruisseau 20 mètres au-dessus. Elle devient plus nette après 300 mètres environ ; elle est même un peu balisée par des marques à la peinture rouge sur les arbres. 700 mètres environ après la piste, on rencontre une ancienne tire qui descend vers le ruisseau ; il ne faut pas la suivre mais continuer sur une cinquantaine de mètres puis descendre vers le ruisseau en évitant les broussailles et le rejoindre. Il ne reste plus ensuite qu’à le suivre pour trouver l’entrée immanquable car barrant tout le ruisseau.
Description
Description détaillée
Le traouc (trou) de la Mandra ou du Renard est une belle cavité qui s’enfonce dans le flanc nord du synclinal de Sougraigne. Elle débute dans le lit du ruisseau du Caucé sous la ferme des Bernous. Le ruisseau vient buter sous une strate, au-delà il ne coule jamais. Il arrive rarement à l’entrée car une perte pérenne existe 200 mètres en amont, mais lorsque le débit augmente l’eau arrive à l’entrée qui peut absorber plusieurs centaines de l/s.. Inutile de dire que la cavité est alors balayée par des flots impétueux et que de nombreux tronçons s’y noient. La prudence s’impose donc pour visiter cette cavité ; une météo stable est indispensable. L’entrée, encombrée de blocs et de branches, amène dans une première salle inondable (traces de crues). Sur la droite débute le Réseau Guy (signalé à la peinture rouge par les premiers explorateurs). Il s’agit d’anciens conduits du réseau provenant de pertes situées plus hautes qu’actuellement. On remonte dans des diaclases puis un cheminement dans des petites salles séparées par des piliers donne sur une partie plus étroite remontant vers le nord. On débouche alors dans une galerie spacieuse remontante de belle facture ; elle s’achève à +17m sur une trémie. 25 mètres avant, sur la gauche, une cheminée s’arrête à +15m ; 5 mètres avant, une autre galerie avec des départs latéraux amène à +16m après une salle ébouleuse. De retour à l’accès de la galerie l’aval se rétrécit rapidement et après une étroiture sérieuse on arrive dans un autre conduit plus étroit. A droite il remonte à +3m. A gauche, on descend un méandre puis des galeries basses reviennent dans un autre méandre. Celui-ci se sépare alors en deux : à gauche une galerie sèche se terminant par un laminoir, à droite un petit méandre à ruisselet s’achevant à -13.50m sur une étroiture proche du terminus du laminoir. Il est possible que cette branche soit l’amont de l’affluent des Dunes et constitue un réseau parallèle à la branche principale. Le réseau Guy développe environ 400 mètres de galeries. La suite de la galerie principale a été nommée "Réseau des Trois" par les premiers explorateurs. C’est l’axe principal de la cavité. Nous délaisserons la description des conduits secondaires qui sont assez nombreux dans la zone d’entrée et forment parfois de petits labyrinthes. La galerie principale prend la forme de méandres ou de galeries plus larges mais plutôt basses avec des piliers. Un petit actif apparaît rapidement. Après 150 mètres environ de parcours, un rétrécissement ralentit momentanément la progression. L’endroit suivant est caractéristique : les parois du méandre sont concrétionnées et celles-ci ont été fortement érodées par les crues. Cette période de concrétionnement correspond donc à une phase où la cavité était moins active. On traverse ensuite une salle d’effondrement. 20 mètres plus loin, une petite galerie remonte sur la gauche à +33m. Une inscription (encore !) portant le nom des premiers explorateurs à la peinture rouge se trouve à ce départ. Puis la galerie reprend et 20 mètres après on se trouve à 45 m devant le début d’une zone étroite de 25 mètres de long. On en sort par un méandre étroit qui s’élargit rapidement, puis la galerie se dédouble pendant 60 mètres. On parcourt ensuite un très beau méandre jusqu’à -85m. Là, arrive un affluent d’une centaine de mètres de développement au sol sableux. C’est l’Affluent des Dunes. Il s’achève à -68 m. Le méandre principal continue dans l’axe SSW mais il a tendance à se rétrécir considérablement, en restant cependant praticable. On commence à y trouver de nombreux dépôts de sables, graviers, boues, branchages, feuilles et quelquefois quelques crapauds. Ces dépôts changent souvent de place, au gré des crues. A -116 m, un passage bas peut siphonner ou se boucher. Juste après, une poche précède le siphon de -120 m dont le niveau est très variable : -120 m en étiage et jusqu’à -116m lorsque le trou est bien actif (beaucoup plus en crue). Lorsque le niveau est assez bas, le courant d’air indique que l’on peut passer, le bain est souvent inévitable. La suite est à 130° et peut être bouchée par des déblais. On remonte péniblement et on se relève dans un beau méandre qui repart de suite à l'opposé et descend. Un chaos de blocs boueux marque le point bas de la cavité à -122m. On remonte ensuite entre la voûte travaillée et les dépôts mouvants. Lorsqu'on se relève et que ça redevient horizontal, on laisse un boyau remontant en hauteur sur 15 mètres. La suite est spacieuse et s'achève après 30 mètres sur une étroiture qui peut aussi se colmater et qui donne accès à une remontée où on retrouve les grès et les blocs qui obstruent irrémédiablement la suite à -110 mètres malgré un bon courant d'air. Cette belle cavité ne nécessite aucun matériel de progression et se révèle très intéressante et sportive, mais attention aux crues.
Karstologie
La cavité est intéressante par sa position structurale sur le flanc Nord du synclinal et par la morphologie de ses galeries. Celles-ci suivent le contact avec les grès situés au-dessus que l’on trouve très souvent en plafond et même en paroi sur une certaine hauteur. Les galeries sont de type vadose et témoignent de la jeunesse de cette cavité avec très peu de concrétions, des dépôts uniquement sableux, terreux et graveleux. Elles sont souvent encombrées de blocs provenant de mise en équilibre des parois ou des voûtes. Vers le fond on observe de petites failles en relation avec une importante cassure notée sur la carte géologique. La première partie de la cavité présente des petits labyrinthes adjacents à la galerie principale souvent creusés sous la couche de grès et présentant les mêmes caractéristiques que ceux de la Veiraria c'est-à-dire que ce sont des évolutions d’anostomoses par système de carottage, un conduit prenant peu à peu le dessus dur les autres et devenant le drain principal. On trouve aussi des piliers et des restes de piliers. Il est à signaler que les galeries restent à proximité des grès qui sont très fréquemment en plafond voire constituant une partie des parois alors qu’au Trauc del Caucé tout proche on a les grès en plancher ce qui est plus logique.
Hydrologie
La perte de la Mandra a été colorée deux fois dans le cadre de recherches sur la source des Tourtes. Les deux traçages sont ressortis aux Toutes en 48 heures en 1972 et en moins de 6 heures en mai 1974, pour une dénivellation de 165 mètres et une distance directe de 1250 mètres. Les temps de passage relativement lents confirmeraient l’existence d'une zone noyée assez importante dans le fond du synclinal.
Rigging
Cette cavité ne nécessite aucun matériel de progression (cf. supra)
| Obstacle | Rope | Anchor | Observation |
|---|
Documents
Topographie Trauc de la Mandra 22/02/2023Données topographiques Trauc de la Mandra 22/02/2023
Bibliography 26/09/2013
- LACHAMBRE A. (1977) - le trou de la Mandre. quelque part sous terre n°3, pp11 à 13. Lo Bramavenc n°12 ( 1991), pp 63 à 68.
[Points] Mandra (Trauc de la) 03/02/2020
[Points] Mandra (Trauc de la) 03/02/2020
[Points] Mandra (Trauc de la) Fusion 03/02/2020
[Points] Mandra (Trauc de la) Fusion 2 03/02/2020
[Points] Mandra (Trauc de la) Surface 03/02/2020
[Points] Mandra (Trauc de la) Surface 1 03/02/2020
[Fiche] Mandra page 1 25/01/2019
[Fiche] Mandra page 2 25/01/2019
History
Connue de tous temps des locaux et pointée depuis longtemps sur les cartes, l’entrée n’est retrouvée qu’au mois de mai 1969 par A. LACHAMBRE (ESR), 100m sont faits ce jour là. Un violent orage de grêle qui fait monter le débit du ruisseau souterrain stoppe l’exploration. Les 10-11 mai et 8-9 juin 1975 le réseau est exploré jusqu’au siphon terminal et une topo est levée. Participants : P. NESPOLA, André, Paul et Guy LACHAMBRE, J.M. GUILLET, Y.AULERY. Le trou retombe dans l’oubli. La MJC Narbonne le revoit en 1977. Le 16/09//1984 C.BES et H.GUILHEM revisitent le trou et ont la surprise e trouver le siphon désamorcé. Derrière ils font 120 mètres de première. En 1985, 86 et 88 plusieurs sorties sont consacrées à la topo et à des tentatives de franchir la trémie terminale, c’est un échec. Participants : C.BES, P. GEA, L. SOURY, D et S. MAS, H. GUILHEM, A.CAPDEVILLE, S.TOSATTO (SCM)
Comments
Caves nearby
| Distance (km) | Name | Length (m) | Depth (m) |
|---|---|---|---|
| 0.6 | Porte des Étoiles (Trou de la) | 750 | 48 |
| 0.7 | Caucé (Trauc ou Troc ou Traouc del) [Caussé] [Caoussé] | 480 | 51 |
| 0.7 | Mourillou (Perte du) | 4 | 3 |
| 0.8 | Mourillou (Grotte du) | 16 | 3 |
| 0.8 | Mille Feuilles (Trou des) | 250 | 50 |
| 1.1 | Bornacs (Trauc des) | 70 | 10 |
| 1.2 | Grifols n°1 (Trauc des) | 40 | 15 |
| 1.2 | Grifols n°2 (Trauc des) | 5 | 3 |
| 1.2 | Falgairousse (Trou de) | 55 | 12 |
Temps - Appréciation
Cette belle cavité ne nécessite aucun matériel de progression et se révèle très intéressante et sportive, mais ATTENTION AUX CRUES !!!
Stoche (02/09/2013)
🔦 : 5h 🚶: 1h